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Le maire LR de Rillieux Alexandre Vincendet.
Le maire LR de Rillieux Alexandre Vincendet. — Elisa Riberry / 20 Minutes
  • Le maire LR Alexandre Vincendet plaide en faveur d’un juste équilibre entre actions de prévention et fermeté pour améliorer la vie dans les quartiers.
  • Depuis 2014, il a renforcé les effectifs de la police municipale, armé ces agents et a équipé la ville de caméras de vidéosurveillance.
  • Dernière idée en date, il veut suspendre prochainement les aides municipales pour les familles de jeunes délinquants.

Des policiers municipaux deux fois plus nombreux, armés et équipés de caméras portatives, de la vidéosurveillance déployée dans plusieurs quartiers de la ville… Depuis son arrivée en 2014 à la tête de la mairie de Rillieux-la-Pape, au nord de Lyon, Alexandre Vincendet s’est fixé comme objectif de réduire la délinquance sur sa commune, en proposant, dit-il, un juste équilibre entre prévention et répression. Dans les prochains mois, il devrait franchir un nouveau cap en actant la suspension des aides municipales pour les familles de mineurs délinquants. Une mesure, inexistante dans la métropole, sur laquelle 20 Minutes a interrogé le maire LR de 34 ans.

Comment a évolué la délinquance sur Rillieux depuis le début de votre mandat ?

Alexandre Vincendet : On a eu sur les deux premières années, au cours desquelles nous avons mis en place la vidéoprotection et renforcé les effectifs de police, la plus forte baisse de la délinquance générale de toute la métropole, enregistrée en zone police. Entre 2015 et 2016, on a observé une baisse de 16 % des faits constatés. Il y a, depuis, une stabilisation. La délinquance fonctionne par pallier. Mais nous sommes sur la bonne voie. C’est pour cela aussi qu’il faut que l’on adapte nos réponses.

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Vous envisagez notamment de nouvelles mesures contre la délinquance des jeunes ?

Pour les jeunes qui sont délinquants et dégradent du bien public, ce qui peut arriver à Rillieux, leurs parents verront leurs aides municipales suspendues, s’ils en ont, le temps des réparations. Cela pourra concerner par exemple les aides exceptionnelles accordées par le Centre communal d’actions sociales (CCAS). Si un enfant casse du mobilier municipal, c’est la ville qui paye, donc les habitants. Vous comprenez bien que, d’un point de vue moral, les parents étant responsables, c’est un peu compliqué d’accorder une aide municipale à ces familles si leur enfant mineur vient de commettre des dégradations sur des biens publics. Les habitants le comprennent.

La loi vous permet-elle de suspendre ces aides ?

Nous sommes en en train de travailler avec mes équipes pour voir quelle mesure nous pouvons mettre en place pour respecter le cadre législatif. J’aimerais que cela soit voté avant l’été. Quoi qu’il en soit, je me suis engagé à ce que la suspension des aides municipales pour les familles de mineurs délinquants soit mise en place dans l’année, elle le sera. Dans le même temps, nous travaillons sur d’autres actions pour aider les enfants, les familles. On va mettre notamment en place dès septembre du soutien scolaire généralisé à domicile.

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Vous cherchez à trouver l’équilibre entre la prévention et la répression ?

Le problème en politique, quel que soit le bord, c’est qu’on a d’un côté des élus dans l’angélisme absolu, qui ne sont que dans la prévention, et d’autres qui sont dans le tout répressif. Il faut trouver le juste équilibre. On a mis en place, par exemple, à Rillieux, l’ouverture des gymnases avec des animations pour les jeunes des quartiers lors des vacances. On organise des chantiers jeunes et on ouvre en septembre une maison des familles et de la parentalité. Cela sera un lieu ressources pour les parents, où seront réunis tous les acteurs concernés. On a créé de nouveaux équipements sportifs, culturels, on investit dans les écoles, on travaille sur la mixité sociale. Je mets en place un écosystème, dans lequel il y a d’un côté de la prévention, de l’accompagnement et de l’autre côté, de la fermeté. C’est ça la promesse républicaine.

La suspension des aides n’est-elle pas une mesure trop radicale ?

Ce n’est pas quelque chose de radical, il faut être courageux pour la mettre en place. Je suis au contact d’une population, souvent défavorisée, qui vit dans les quartiers. Cette population attend que nous agissions. Il y a un vrai ras-le-bol des gens face à l’impunité de la minorité de jeunes qui pose problème dans les quartiers. L’objectif est aussi de limiter l’effet d’entraînement, d’éviter que les mauvais embarquent tous ceux qui ont envie de s’en sortir et de s’intégrer. C’est ce que craignent les parents. L’ordre républicain et l’autorité républicaine, c’est le prérequis à une bonne vie en société, la liberté d’aller et venir en paix, c’est le prérequis pour pouvoir redévelopper une ville. Et c’est le défi qu’on a à Rillieux-la-Pape. Faire venir des investisseurs, des entreprises et de nouveaux habitants afin que la population en profite. Cela ne peut être réussi qu’avec une meilleure sécurité. Le zéro délinquance n’existe pas bien évidemment. Mais ce qui est important, c’est que l’on mette tous les moyens pour que la peur change de camp, qu’il n’y ait plus d’impunité.

 

Source de l'article : https://www.20minutes.fr/societe/2237647-20180314-parents-jeunes-delinquants-verront-aides-municipales-suspendues-prevoit-maire-rillieux-pape
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