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Adel Abdessemed a réalisé une vidéo mettant en scène des poulets en train de brûler au musée d'art contemporain de Lyon.
Adel Abdessemed a réalisé une vidéo mettant en scène des poulets en train de brûler au musée d'art contemporain de Lyon. — Capture d'écran twitter

L’affaire a fait grand bruit et pourrait donner lieu à des suites judiciaires si des associations contre la maltraitance animale en venaient à porter plainte. Le musée d’art contemporain de Lyon expose plusieurs œuvres de l’artiste Adel Abdessemed dont une vidéo qui montre des poulets, pendus par les pattes, en train de brûler.

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Face à un début de polémique sur les réseaux sociaux, le musée a tenu à préciser que la vidéo avait été réalisée avec trucages et que les poulets n’avaient pas vraiment été brûlés. Cependant, plusieurs défenseurs des droits des animaux ont dénoncé le stress généré sur les poulets pendant le tournage. L’artiste, ou le musée, peuvent-ils être punis par la loi ?

L’artiste est un justiciable comme les autres

« La première question serait de savoir s’il y a effectivement eu maltraitance animale », explique Maître Pierre Henaff, avocat à Lyon. À partir de là, la liberté d’expression et de création de l’artiste pourrait-elle justifier une éventuelle atteinte au bien-être animal ? « Entre une liberté fondamentale et la répression d’une infraction, les tribunaux font attention à juger en étudiant précisément les affaires, de manière très pointue et nuancée, explique Me Pierre Henaff. C’est aussi le cas quand une liberté s’oppose à une autre. »

Artiste réputé exposé dans une institution publique, Adel Abdessemed n’aurait en revanche que peu de chance d’attendrir le juge avec son statut : « L’artiste est en droit un justiciable comme les autres, même si le juge peut entendre l’argument du propos artistique. » Plusieurs personnes ont défendu l’artiste dès les premières heures de la polémique expliquant que c’était précisément le rôle d’une œuvre d’art de choquer et transgresser.

« D’un point de vue sociologique ou historique, on peut entendre cet argument, mais d’un point de vue juridique, l’argument est plus fragile », tempère l’avocat.

Il est donc très difficile de prévoir ce que risquerait l’artiste si une plainte était déposée et la maltraitance avérée. « La jurisprudence évolue beaucoup dans ce domaine et les tribunaux ont tendance à juger au cas par cas », explique Me Henaff qui cite plusieurs affaires où des artistes ont été condamnés pour des œuvres violentes ou choquantes.

Récemment, un artiste russe a ainsi été arrêté pour avoir, dans un geste qui se voulait artistique, mis le feu à une agence bancaire parisienne.

Source de l'article : https://www.20minutes.fr/culture/2237675-20180314-artiste-droit-maltraiter-animal-uvre
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